Un dragon m'a adopté Un dragon m'a tatoué Sa langue de feu me consume Sa morsure ne cesse de m'étonner J'ai adopté un dragon en forme d’hippocampe qui me lèche et qui me lampe de ses baisers longs et fougueux Je veux lui donner un nom Zona me parait trop vulgaire pour un tel artiste qui m'arrache la chair kairos est en haut de la liste pour cet étrange opportuniste. D'un dragon je suis aimée. Laurence Gaillard
10 octobre 2014
« Arghhhh Monsieur B, venez, dépêchez-vous,
Vous n'êtes plus tout seul sur le coup »....
Eh ! Oh ! Mais je rêve ou quoi ? Quelle audace !
D'un tel coup de pic à glace dans le dos, dans le cœur,
Je ne vous en aurais pas cru le culot, ni la noirceur...
Enfin... comme d'hab, je ne vous en veux point...
Chère Laurence,
Dès l'instant où je vous ai entrevue
Au premier regard vous m'avez plu
A ma gauche je vous ai fait asseoir
Je m'en souviens comme hier au soir
Sous votre masque de froideur
J'ai senti votre fragilité
Dans votre ton persifleur
Perçaient des accents de timidité
Ah ça ! Vous m'en avez fait voir
De toutes les couleurs vous pouvez me croire
Du fil à retordre vous m'avez donné
Mais de votre pudeur j'ai été touché
Bien d'autres choses j'aime aussi chez vous
Mais attendez.... Je vous fais languir...
Car avant je voudrais vous décrire
Mes humeurs du moment sinistrose
Las de moi-même je me désespère
De mon ton de mes manières de mes airs
De mes tics de mes tocs je me lasse
En lieux communs je me surpasse
« N'y a-t-il pas un lieu plus immatériel
Qui serait celui de l'écriture ? » ….
Quand je m'entends aussi artificiel
je ricane je m'agace piteuse caricature
Ah Laurence! J'ai des jeudis soirs acrobatiques
Beuveries au champagne discussion soporifique
Entre « je transpersonnel » et « je égocentrique »
Prise de tête et céphalées ne sont pas qu'anecdotiques
Mais de ces débats a jailli cette fulgurance
Dans votre écriture pas de complaisance
Votre plume n'est jamais narcissique
Votre virgule n'a rien d'académique
Au-delà de vous, au-delà de nous
Vous vous projetez vous nous emmenez
Dans vos promenades dans vos rêveries
Vous nous entraînez vous nous ravissez
Le monde, les choses, les gens,
A sentir différemment
A voir plus intensément
Je crois que vous nous apprenez
Même les zona purulents
Avec vous on les voit autrement...
C'est pas peu dire...
LD
10 octobre 2014
Ami donné, François
Vous m’espionnez
À ce que je vois !
J’aime aussi Monsieur B
Et n’ose vous proposer
Un mariage gai, à trois ?
Que nous ayons les mêmes souvenirs est illusoire
J’étais alors tendue comme un jour de grand soir
Vos chaussettes je les ai admirées sous toutes les coutures
Ce fil à fil tissé était de bon augure
Je suis brute, braque et j’aime tant chamarrer
Les mots, tifs, d’une écriture près du corps, très près
Est-ce votre coupe ? J’ai pensé un moment que vous faisiez le gay
Je bats ma coulpe, de champagne frais, heureuse de m’être trompée
La pudeur on la place, un peu où on veut
Être dithyrambique, n’est pas faire aveux
Vous l’ai-je dit tantôt ? J’aime votre profil aristocratique
Votre nez aquilin, votre œil chafouin, ce sourire fantasque, tic
Oui François, je ressens pareillement cet abyssal vide
Mon écriture ne construit rien et ne sauve personne
Je promène ce nuage mordoré, ce homard placide
Vous érigez l’indulgence en noblesse de gentilhomme
La vision de mon zona purulent
Vous a marqué, visiblement
Je trouve dans la laideur, une beauté sincère
Une force méritante qui jamais ne s’altère
Pour peu qu’on s’y attarde, sans presser le pas
Souffrante ou guérie, ne me rejetez pas
François
Car la miteuse amidonnée, aujourd’hui, c’est moi.
Laurence Gaillard