5 décembre 2014
Ahhhh ma chère Laurence,
J'ai tardé à vous répondre veuillez m'en excuser
En réalité, votre dernière missive m'a pris au dépourvu
Et de vos mots je suis resté bouche bée,
Vous me voyez tout pantois, tout coi, tout béat...
Devant vous, je reste bête, niais, muet...
A un tel abandon chez vous je ne suis point habitué
Et une telle douceur me laisse décontenancé
Car je l'avoue ce que j'aime en vous par-dessus tout
C'est la dureté
Je suis tellement désiré, tellement convoité
De toutes ces mijaurées que je croise en soirées
Que, voyez-vous, seraient-ce mes penchants masochistes
J'aime que l'on me résiste, que l'on me rudoie
Les conquêtes faciles m'ont toujours ennuyé
Mais à une promenade sur les quais de Seine
En votre compagnie je ne saurais me dérober
Assurez-moi juste qu'après nous être quittés
Moins facilement vous me céderez
N'hésitez pas à me repousser, à me maltraiter
Comme votre climat soyez dure, soyez rude
Brute, sauvage, tigresse enragée,
Donnez-moi la fessée
Ne me promettez rien, ne me ménagez pas,
Oh oui, mordez-moi, mordez-moi au sang !
Et de mes cris surtout n'ayez point de pitié
Car au fond je le sais je suis déjà vampirisé.
Mais toujours vers moi revenez
Il faut toujours s'éloigner
Pour pouvoir mieux se retrouver
Un pas en avant deux en arrière
Au fond ce n'est que question de position
Oui toujours vers moi revenez
Que ce tango nous puissions prolonger.
Bubu, votre hobbit tout dévoué...
PS : Permettez que la prochaine fois, je vous appelle Lolo, puisque j'ai cru ouïr que vous usiez parfois de ce petit nom, en cachette, entre deux pages, entre deux murs, entre deux portes...
5 décembre 2014
Mon François
Cher Bubu le hobbit
J’aime être surprise
Et là vous me comblez
Ainsi au fil des mots des pages
Vous vous lâchez
Vous lâchez la bride
Ou vous me la tendez ?
Vous voulez une maritorne
Une mégère brutale
Ma nature est ainsi faite
Je n’ai pas à la forcer
Approchez
J’ai la clef
Dans la chambre froide
Vous vous déshabillerez
Dans mon gilet en laine
Je vous regarderai
Votre virilité
Sera à rude épreuve
Vous prierez sans doute
Pour faire peau neuve
Les deux mains
Sur votre bas ventre
Patiemment vous attendrez
Le divin supplice
Que vous m’avez commandé
Et c’est ce moment
Cette appréhension
Qui vous fera monter
La chaleur, en dedans
Assise sur le lit
Vous devrez m’escalader
Pour que je puisse accéder
À votre fessier
Votre ventre dur
Reposera sur mes cuisses
Vos genoux, mon chou
Râperont la moquette
Sale et vieillotte
Vous serez tendu
Tendu comme un arc
Et j’accomplirai
Le premier acte
Brusquement sauvagement
La première claque
Sur votre fondement
Blanc
Vous serrerez les dents
Dans un gémissement
Et nous jouirons
De ce moment
Je vous épuiserai
Vous me demanderez grâce
Et vous l’accorderai
Dans une posture lasse
Je vous rhabillerai
Comme un petit enfant
Je vous embrasserai
Fougueusement
En vous tenant la nuque
Les doigts dans vos cheveux
Je vous dirai des mots d’amants
D’amants et d’eunuques
Je vous libèrerai
Je vous laisserai partir
Pendant que je soignerai
Mon poignet, sa foulure !
Laurence Gaillard