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Vous...

14 novembre 2014

Ma chère Laurence,

Comme je vous trouve changée dans votre ton et dans vos manières, vous m'en voyez charmé, chaque mot de vous me ravit. J'aime la douceur avec laquelle vous prononcez mon prénom, cette façon que vous avez et qui n'appartient qu'à vous, d'accentuer la première syllabe et d'étirer la dernière... Je me plais à vous regarder incliner légèrement la tête sur le côté droit tout en fermant les yeux à demi, vous esquissez un vague sourire et lentement, doucement, comme dans un murmure, de vos lèvres délicates, détachant chaque syllabe, vous articulez « mon François »... Et à prononcer mon prénom, à en manipuler les syllabes de la pointe de votre langue, à en caresser les sonorités tout contre votre palais, vous semblez prendre goût, je crois... et moi aussi.... Aaaaahhhh...

Comme je vous l'ai dit tantôt, parfois je crains de ne pas être à la hauteur, à la hauteur du piédestal sur lequel vous me placez, car, voyez-vous, j'ai aussi, comme tout un chacun, mes zones d'ombre. En public, en société, je m'applique à ne montrer que mon beau profil, un profil lisse, ma maquilleuse s'efforçant de dissimuler, à coups de cosmétique, rides, rictus, rougeurs, cernes, autant d'imperfections qui ne sont au fond que le reflet de notre pauvre conscience. Qui se plairait à avouer ses méfaits, ses fautes, ses coups bas, ses turpitudes ? Je ne suis pas Rousseau pour vouloir montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de sa nature, soit dit en passant que d'hypocrisie et de narcissisme dans un tel projet... Je dissimule et camoufle mes noirceurs car j'aime plaire, j'aime qu'on m'aime, j'aime les compliments mais je crains d'endosser un habit trop grand pour moi car, hissé au sommet du piédestal, il faut sans cesse redouter la chute, au faîte de la gloire, appréhender la rançon du succès... Vous m'idéalisez, Laurence, je crains que vous m'idéalisiez et j'en suis tout transi...

Quel drôle d'homme est-ce là ? devez-vous penser... quel drôle d'animal ai-je encore déniché ?

J'ai toujours été bon élève, Laurence Gaillard, j'en ai le profil, penserez-vous, vous pensez trop fort et, d'ici, je vous entends... J'ai toujours été bon élève, car j'aime plaire, et toujours j'ai eu peur de décevoir, toujours je crains de décevoir, de vous décevoir. C'est le revers de la médaille : le peur de l'échec, le peur de la chute, la peur du naufrage... Et pour reprendre la métaphore du papillon, je crains tout simplement, en approchant trop près du soleil, de me brûler les ailes. Je ne sais si j'ai l'intellect éblouissant mais ce dont je suis certain en revanche, c'est que je ne vous atteins pas à la cheville, Laurence, à votre cheville de statue, divine, sans être de marbre. Aucune de mes auteurs, prolixes et volubiles, comme vous dites, ne possède la finesse et la joliesse de vos mots, la suavité de votre respiration. J'aime quand vous me parler de l'insignifiance du quotidien, toutes ces petites choses qui, l'air de rien, ont tant d'importance.

Se peut-il que vous lisiez dans mes pensées, chère amie ? Comme vous, je crains aussi parfois que le cours de notre correspondance se tarisse, je n'ai jamais eu beaucoup de conversation, les soirées mondaines sont pour moi épouvantables, vous me croirez ou non mais il m'arrive de faire des listes, des listes de sujets à aborder... Mais que dois-je vous paraître ridicule ! Bref, je crains de devoir un jour subir les affres de la page blanche... Ce jour-là, espérons que nous ayons atteint ce degré d'intimité suffisant où le silence ne pèse plus mais enveloppe et enrobe délicieusement.... Alors vous recevrez une enveloppe, une enveloppe vide mais bleue, à l'encre noire, et vous saurez que je pense à vous...

Il se peut que dans les semaines à venir, je sois un peu moins présent, n'allez surtout pas croire que je vous oublie ou que je m'éloigne de vous, c'est juste que je risque d'être plus occupé, vous n'êtes pas sans savoir que je suis en plein boum, je dois préparer ma grande émission, une édition spéciale pour le mois de décembre, et j'ai des tonnes de trucs à lire, des tas d'avis de téléspectateurs à compulser... Non, ne pensez pas que je me lasse de vous ou que je n'aie déjà plus rien à vous dire, c'est juste qu'au cas où je manquerais de temps, je préfère vous savoir prévenue. Mais soyez sans crainte, je ne manquerai pas de vous faire un signe, un petit geste de la main, toujours avec bonheur je retrouverai le chemin de votre ressui et délicatement, au creux de vos mots, entre deux virgules, entre deux silences, je me loverai.

Votre François

PS : Je me relis... Six ou sept fois, j'ai employé le verbe « craindre », peut-être aurais-je dû chercher des synonymes...

LD

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Vous...

                                                                   14 novembre 2014

Ma chère Laurence,


Comme je vous trouve changée dans votre ton et dans vos manières, vous m'en voyez charmé, chaque mot de vous me ravit. J'aime la douceur avec laquelle vous prononcez mon prénom, cette façon que vous avez et qui n'appartient qu'à vous, d'accentuer la première syllabe et d'étirer la dernière... Je me plais à vous regarder incliner légèrement la tête sur le côté droit tout en fermant les yeux à demi, vous esquissez un vague sourire et lentement, doucement, comme dans un murmure, de vos lèvres délicates, détachant chaque syllabe, vous articulez « mon François »... Et à prononcer mon prénom, à en manipuler les syllabes de la pointe de votre langue, à en caresser les sonorités tout contre votre palais, vous semblez prendre goût, je crois... et moi aussi.... Aaaaahhhh...
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MON FRANCOIS

Peut-être qu’avec le temps qui passe, la sagesse m’adoucit, mais je vous ai lu en entier et elle sera passagère.
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Comme je vous l'ai dit tantôt, parfois je crains de ne pas être à la hauteur, à la hauteur du piédestal sur lequel vous me placez, car, voyez-vous, j'ai aussi, comme tout un chacun, mes zones d'ombre. En public, en société, je m'applique à ne montrer que mon beau profil, un profil lisse, ma maquilleuse s'efforçant de dissimuler, à coups de cosmétique, rides, rictus, rougeurs, cernes, autant d'imperfections qui ne sont au fond que le reflet de notre pauvre conscience. Qui se plairait à avouer ses méfaits, ses fautes, ses coups bas, ses turpitudes ? Je ne suis pas Rousseau pour vouloir montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de sa nature, soit dit en passant que d'hypocrisie et de narcissisme dans un tel projet... Je dissimule et camoufle mes noirceurs car j'aime plaire, j'aime qu'on m'aime, j'aime les compliments mais je crains d'endosser un habit trop grand pour moi car, hissé au sommet du piédestal, il faut sans cesse redouter la chute, au faîte de la gloire, appréhender la rançon du succès... Vous m'idéalisez, Laurence, je crains que vous m'idéalisiez et j'en suis tout transi...

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FRANC soit

Qui cherche la lumière s’aime toujours un peu, passer à la télévision, n’est pas anodin. Je ne vous idéalise pas, pas aujourd’hui.

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Quel drôle d'homme est-ce là ? devez-vous penser... quel drôle d'animal ai-je encore déniché ?
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FRANçOIS
On ne connaît jamais vraiment l’autre, même quand on vit, même quand on dort ensemble, dans le même lit. L’animal que vous êtes, m’a plu.

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J'ai toujours été bon élève, Laurence Gaillard, j'en ai le profil, penserez-vous, vous pensez trop fort et, d'ici, je vous entends... J'ai toujours été bon élève, car j'aime plaire, et toujours j'ai eu peur de décevoir, toujours je crains de décevoir, de vous décevoir. C'est le revers de la médaille : le peur de l'échec, le peur de la chute, la peur du naufrage... Et pour reprendre la métaphore du papillon, je crains tout simplement, en approchant trop près du soleil, de me brûler les ailes. Je ne sais si j'ai l'intellect éblouissant mais ce dont je suis certain en revanche, c'est que je ne vous atteins pas à la cheville, Laurence, à votre cheville de statue, divine, sans être de marbre. Aucune de mes auteurs, prolixes et volubiles, comme vous dites, ne possède la finesse et la joliesse de vos mots, la suavité de votre respiration. J'aime quand vous me parler de l'insignifiance du quotidien, toutes ces petites choses qui, l'air de rien, ont tant d'importance.

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FB
Il ne faut jamais se plaindre d’être bon élève car je sais trop ce que c’est d’être un cancre, ne pouvoir lire, écrire dans le bon sens, ne pouvoir dire son nom, donner sa date de naissance, dans le vrai sens, être moquée et fragile. Si souffrance il y a d’être bon élève, cette souffrance est légère face à la difficulté d’un élève, faible. Vous ne m’arrivez pas à la cheville, c’est vrai, car vous me dépassez d’au moins une tête (sourire mélancolique)

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Se peut-il que vous lisiez dans mes pensées, chère amie ? Comme vous, je crains aussi parfois que le cours de notre correspondance se tarisse, je n'ai jamais eu beaucoup de conversation, les soirées mondaines sont pour moi épouvantables, vous me croirez ou non mais il m'arrive de faire des listes, des listes de sujets à aborder... Mais que dois-je vous paraître ridicule ! Bref, je crains de devoir un jour subir les affres de la page blanche... Ce jour-là, espérons que nous ayons atteint ce degré d'intimité suffisant où le silence ne pèse plus mais enveloppe et enrobe délicieusement.... Alors vous recevrez une enveloppe, une enveloppe vide mais bleue, à l'encre noire, et vous saurez que je pense à vous…

Il se peut que dans les semaines à venir, je sois un peu moins présent, n'allez surtout pas croire que je vous oublie ou que je m'éloigne de vous, c'est juste que je risque d'être plus occupé, vous n'êtes pas sans savoir que je suis en plein boum, je dois préparer ma grande émission, une édition spéciale pour le mois de décembre, et j'ai des tonnes de trucs à lire, des tas d'avis de téléspectateurs à compulser... Non, ne pensez pas que que je me lasse de vous ou que je n'aie déjà plus rien à vous dire, c'est juste qu'au cas où je manquerais de temps, je préfère vous savoir prévenue. Mais soyez sans crainte, je ne manquerai pas de vous faire un signe, un petit geste de la main, toujours avec bonheur je retrouverai le chemin de votre ressui et délicatement, au creux de vos mots, entre deux virgules, entre deux silences, je me loverai.

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F
Là s’arrête ma douceur, ainsi sous de flatteuses douceurs, vous me caressez, certes parfaitement, dans le sens du poil, mais c’est pour mieux me délaisser. Comme je regrette de m’être laissée aller à des sentiments profonds, d’avoir baissé la garde. Moi d’ordinaire si dure… Je m’en veux terriblement. Ne cherchez pas d’excuses, vous vous êtes lassé, même si vous affirmez le contraire. Vous avez le sentiment de tourner vainement en rond, alors que là, sous les spots, il y a la vie et quelle vie !

Bien entendu cette tocade ne pouvait pas durer, moi la provinciale, plantée droit dans ses bottes, avec un accent de bouseu, mon beurre salé et gras, mes gilets en laine et mes habits vintage, tous mes grigris fétiches, loin si loin du raffinement Parisien que je déteste.
Quelque part , sur mon rocher, je vous comprends, je connais assez les hommes et la vie, pour vous comprendre, mais je ne sais pas, peut-être qu’avec ce temps qui me laisse sur place, je me suis prise à rêver, comme une midinette, une oie blanche pitoyable .Au fond, je ne suis pas à plaindre, je suis à moquer. Comment peut-on être aussi bête…

Déjà à votre retour de Turquie…

L’idiote n’a rien vu venir…

Vous avez quelqu’un, ou devrais-je dire quelqu’une, oui vous ne rêvez pas, je vous fais là une crise, de jalousie. J’aimerais lui arracher les yeux et préserver les vôtres, pour que vous regardiez. Sans doute est-elle jolie, en plus d’une finesse, qui vous aura envouté. Les hommes détestent les crises de jalousie, ça les ennuie, « viralement ». J’aimerais lui faire un croche-pied, dans un monumental, escalier, et puis lui tirer les cheveux, décoller ses rajouts, vous montrer ses mèches en triomphe, corrida d’un jour.

Volontairement je m’enfonce, pour définitivement vous éloigner

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Votre François

PS : Je me relis... Six ou sept fois, j'ai employé le verbe « craindre », peut-être aurais-je dû chercher des synonymes...

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Vous

Vos « craintes » étaient justifiées, je boude. Mais si vous avez (eu) un sentiment pour moi,
Si vous avez gardé nos mots, nos lettres, promettez-moi qu’un jour, vous en ferez un espace à part, de la première à la dernière lettres, où tout sera réuni et quand mon cœur sera réhydraté, car il vit là une terrible nécrose alors je pourrais les relire sans pleurer.

PS : mais, si vous trouvez un moyen de me reconquérir, en larguant au besoin l’autre pimbêche à bâbord, priant pour qu’elle ne sache pas nager, peut-être que je vous pardonnerai…

LG
Laurence gaillard

Vous...
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L
Elle dit. Et cela fut ainsi. (sourire)
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L
Si vous avez gardé nos mots, nos lettres, promettez moi qu’un jour, vous en ferez un espace à part, de la première à la dernière lettres, où tout sera réuni ...
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